Hubert Vast

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Portrait de Nicéphore Niépce

hubert vast.jpg"Né sous Louis XV, le 7 mars 1765, à Chalon-sur-Saône, dans la famille d'un avocat à la cour, conseiller du roi, Joseph Nicéphore Niépce était, en tant que cadet de la famille, destiné à la prêtrise. Avec la Révolution française, son aîné et lui deviennent inventeurs, sans autre formation que celle donnée par les oratoriens lors de leur scolarité. Sur la peinture à l'huile qui le décrit à l'approche de la cinquantaine, Nicéphore a plus l'allure d'un notable que d'un savant excentrique ou révolutionnaire. Il s'est pourtant porté volontaire en 1792 pour protéger les frontières de la France, attaquées par la coalition armée européenne. Avec son frère, il décide alors de mettre la fortune familiale au service de la science. Rien de très original : la Révolution a chan­gé le calendrier, unifié les mesures. Avec ces nouveaux outils et les besoins technologiques de l'industrie naissante, les vocations d'inventeurs se multiplient et sont favorisées par la loi du 17 mai 1791 pro­tégeant les brevets. hubert vast.jpgNicéphore et Claude tentent de répondre aux besoins économiques de la France révolutionnaire. Ils trouvent un moyen d'extraire le sucre à partir de la betterave, cultivent une nouvelle fibre qui peut remplacer le coton. Et en 1807, ils inventent le pyréolophore, un moteur révolutionnaire, qui assure la propulsion d'un bateau en aspirant et recrachant l'eau. L'engin est original au regard des machines à vapeur, car il n'utilise plus le charbon comme combustible mais de l'huile de pétrole qui ne laisse aucun résidu dans le moteur. Avant l'huile de pétrole, les deux frères ont essayé avec moins de succès la combustion du bitume de Judée, encore en stock au domaine du Gras, et qui va servir à Nicéphore pour l'invention de la photographie.

 

Nous sommes en 1816. Son fils Isidore s'occupe du domaine agricole de la famille, Nicéphore commence ses expériences sur l'héliographie. Grand lecteur, il connaît le principe de la camera obscura, décrit depuis l'Antiquité : si l'on perce un trou dans une boîte noire plongée dans l'obscurité, l'image renversée de la scène extérieure se reflète sur la paroi opposée. Nos boîtiers d'appareils photographiques fonctionnent toujours ainsi. Reste à fixer l'image qui se projette dans la chambre noire. Pour cela, il a fallu attendre les chimistes J.H. Schulze et Carl Wilhelm Scheele au XVIIIe siècle, puis, au début du XIXe siècle, l'Anglais Thomas Wedg­wood, qui tentent, sans y parvenir durablement, d'imprimer des traces d'objets, de végétaux, en les posant directement sur des feuilles de papier sensibilisées aux sels d'argent.

hubert vast.jpgNiépce fait la synthèse : pourquoi ne pas fixer les images projetées dans la camera obscura ? Il met une dizaine d'années avant d'y parvenir, devant calquer ses expériences d'héliographie sur le cycle des saisons. Il ne peut en effet les entreprendre que l'été, quand la lumière est suffisante. En 1824, il réussit à obtenir un premier cliché dont on a perdu la trace. Mais les deux étés suivants sont pluvieux. Celui de 1827 est enfin idéal. Niépce parvient de nouveau à exposer sa plaque disposée dans une camera obscura pendant plusieurs jours, le temps nécessaire pour sensibiliser le bitume de Judée qui se ­solidifie à la lumière. Il lui suffit ensuite de dissoudre les parties encore molles à l'acide pour révéler la photographie – que l'on peut encore contempler aujourd'hui à l'univer­sité d'Austin, au Texas.

 

Celle-ci est conservée dans une boîte étanche emplie d'hélium, qui neutralise les réactions chimiques. De 16 x 20 cm, l'épreuve présente la caractéristique d'un négatif lors­qu'elle est éclairée de face et d'une image positive lorsqu'on l'éclaire de biais. En 1827, Nicéphore Niépce cherche vainement à vendre son ­invention aux Anglais, qu'il pense plus sensibles aux avancées technologiques que la France.

La photographie est inventée, mais on n'en voit pas l'utilité. Seul Louis Jacques Mandé Daguerre en a compris l'incroyable modernité. Homme de spectacle, ce Daguerre attire les foules parisiennes avec son diorama, place de la République. En réalité, de grandes toiles translucides peintes en trompe l'œil et animées par des effets d'éclairage donnaient aux spectateurs l'illusion de passer de la nuit au jour. Daguerre convainc Niépce de l'aider à perfectionner son procédé et à le diffuser. Il a du bagout, des relations haut placées. Nicéphore Niépce meurt en 1833, six ans avant que l'Académie des sciences, par la voie de François Arago, officialise et offre à l'huma­nité l'invention de son procédé révolutionnaire baptisé… « daguerréotype ». Le succès est foudroyant. En quelques mois, la machine se vend sur les Grands Boulevards, à Paris. On se bouscule à la porte des studios photo, qui se multiplient partout en France et aux Etats-Unis, pour se faire tirer le portrait. Avec Daguerre, dont la notoriété plonge dans l'om­bre le véritable inventeur, la société du spectacle est née."

article de Luc Desbenoit - source : télérama.fr

credit photo : Musée Nicéphore Niépce

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