Hubert Vast

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L'appareil photo hybride va-t-il tuer le reflex ?

Compacte et performante, la nouvelle génération d'appareils photos à objectif interchangeable rencontre un franc succès. Au point de phagocyter son cousin ?

"Imaginez : la compacité du numérique et la qualité du reflex." Avec l'annonce, lundi 23 juillet, du lancement en septembre prochain du EOS M (M pour "mini"), Canon entre enfin sur le marché de l'appareil photo hybride. Une arrivée bien tardive. Depuis deux ans, les grands concurrents de Canon, comme Panasonic, Olympus, Nikon, Sony et Samsung ont investi ce marché prometteur.

Les appareils photos hybrides ont un objectif bien précis : combler l'écart entre les appareils compacts numériques, pour amateur, et les reflex, dont la cible privilégiée est le photographe professionnel. Les constructeurs ont utilisé en ce but le corps d'un compact et le capteur du reflex pour créer... un hybride. Rien à voir le bridge, donc, pour lequel il est impossible de changer d'objectif.

Le marché de l'hybride est en pleine croissance. Selon l'équipe marketing de Sony, les hybrides représentent déjà 20% du marché des appareils à objectif interchangeable (reflex et hybride confondus). Si ces appareils photo nouvelle génération prennent de plus en plus de poids, risquent-ils de phagocyter leur grand cousin ? L'arrivée de l'hybride annonce-t-elle la mort du reflex ?

L'hybride, "un bloc note"  

"Tout le monde s'est posée cette question", confie Delphine Bordes, chef de produits chez Nikon, au "Nouvel Observateur". Mais le reflex a encore de beaux jours devant lui : "un nouveau marché a été créé, complétement différent de celui des reflex." Un marché qui répond à une demande : "Il fallait réunir les technologies du compact et du reflex."

La chef de produits pointe aussi le positionnement de l'appareil : "Les consommateur qui sont attirés par un reflex ou par un hybride diffèrent." Les photographes amateurs qui possèdent un compact haut de gamme se tourneront vers les hybrides de milieu de gamme, plus puissants, plus rapides et surtout plus simples qu'un reflex. Le côté design et "sexy" du produit est un "bon moyen de les différencier".

Chez les photographes professionnels, l'hybride est considéré comme un "second boîtier", selon Delphine Bordes. "L'hybride n'a pas cette qualité que recherche le professionnel. Il sera plutôt utilisé comme un bloc note, un complément ou encore pour de la vidéo. La compacité de l'hybride est son atout, car facilement transportable."

Pour cette responsable de chez Nikon, tant que l'on n'attribue pas les aptitudes du reflex à l'hybride, le premier reste sain et sauf. "Une des caractéristiques du reflex, c'est entre autre son viseur. Les hybrides n'en n'ont pas."

"Le reflex, c'est bientôt fini"  

Le discours de Nikon détonne avec celui de ses concurrents. Pour Elise Dupuis, responsable marketing chez Sony, "le reflex, c'est bientôt fini". "L'hybride pèse de plus en plus lourd sur le marché des appareils à objectif interchangeable. Une montée en puissance qui est révélatrice." Le verdict est attendu pour la fin de l'année. "La période de Noël, qui est synonyme de grosses ventes, apportera des précisions sur l'avenir du reflex et de l'hybride."

Pour l'instant, l'hybride a réalisé de beaux scores, notamment au Japon, où les ventes de ce type d'appareils photos rivalisent avec celles des reflex. Au Royaume-Uni, l'hybride représente déjà près de 30% des ventes d'appareils à objectif interchangeable.

Mais Sony, qui a lancé le premier appareil hybride sur le marché, pense à l'avenir. "A long-terme, il sera possible de proposer des hybrides qui seront autant performants que les reflex." Le but est simple et double : amadouer les professionnels avec un matériel de qualité et détrôner le reflex comme référence de la photographie.

source : nouvelobs.com

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