Hubert Vast

Conseil & Formateur en présence web

06 63 37 31 77

Test du Nikon D600

1. Un plein format accessible ? / Alors que depuis l’origine de la photo numérique c’est plutôt Canon qui nous avait habitué à devancer ses concurrents de plusieurs mois dans la démocratisation des technologies haut de gamme, Nikon a fait très fort en devançant son concurrent de peu et en étant le premier des deux géants à annoncer un reflex plein format réellement destiné aux non-professionnels : le Nikon D600. En sortant en 2005 la première version du 5D, Canon a en effet été le premier fabricant à faire sortir le plein format de la gamme réservée aux professionnels. Le D700 de Nikon puis l’A900 de Sony ont vu le jour dans les années qui ont suivi. Cependant, le tarif élevé de ces full-frame dits « experts » les a cantonné à une clientèle de professionnels et d’amateurs fortunés. Aujourd’hui les choses ont évolué et voici donc notre test du premier APN de cette nouvelle gamme calibrée pour les experts estampillé Nikon.

2. Prise en main : une ergonomie pensée pour les experts / Malgré la taille de son capteur, le Nikon D600 se présente définitivement comme un boitier expert. Plus petit et léger que les autres APN FX (full frame) de la marque produits jusqu'à présent, seul le viseur spacieux et confortable le distingue des précédents modèles du segment. Proposant une visée 100%, un dégagement oculaire de 21mm et un grossissement de 0,72x, il reste certes moins confortable que celui du D800 (notamment pour les porteurs de lunettes) mais propose une couverture supérieure à celle du Canon 5D Mark II par exemple. Autre élément très intéressant : il propose l’affichage en option d’une grille dans le viseur sans recourir à un échange de verre de visée. La construction indique également sa cible privilégiée : les amateurs experts ou simplement aisés. En effet, construit autour d’un châssis en polycarbonate auquel on a adjoint une coque en fonderie de magnésium sur le dessus et à l’arrière le D600 est robuste mais un peu moins que les modèles professionnels et il est surtout moins lourd. Nikon n’a pourtant pas lésiné sur la protection de son dernier né : des joints toriques et plats assurent une protection tout temps étanche de bonne facture. Autre bon point : la présence d’un double slot pour les cartes mémoires SDHC/SDXC permet de passer facilement d’une carte à l’autre selon les besoins (ex : photos sur l’une et vidéos sur l’autre). De même, la présence d’un flash intégré comme sur le D700 permet à l’utilisateur une solution de dépannage en attendant l’acquisition d’un flash Cobra externe. Fidèle à l’ergonomie habituelle de Nikon, le D600 est facile à piloter. Équipé d’un grand écran de bonne qualité (3,2 pouces, 921 000 points) et des deux molettes traditionnelles. Par contre les menus Nikon sont toujours aussi peu intuitifs. Avec un peu d’habitude, on s’y fait cependant. On note également la présence étonnante de modes scènes pour un full frame qui indique une nouvelle fois le positionnement non professionnel de ce boitier.

3. Un capteur aux performances théoriques impressionnantes / C’est la véritable innovation du D600 : la présence d’un capteur plein format de 24 Mpix sur un boitier réellement destiné aux experts. Associé à un processeur Expeed 3 fonctionnant sur 16 bits, il est théoriquement capable de délivrer des images d’une finesse colorimétrique de haute volée (en Raw surtout) et les possibilités d’agrandissement sont très confortables (le A2 peut être atteint sans difficulté). Le plein format n’étant théoriquement pas compatible avec les optiques DX adaptées au format APS-C, Nikon a eu la très bonne idée de proposer comme sur les modèles de gamme supérieure la compatibilité avec ces objectifs moyennant un recadrage (coefficient multiplicateur de 1,5) et une perte logique de définition. Les 10 Mpix proposés par ce mode sont néanmoins encore largement suffisants pour 99% des usages (un tirage A3 à partir d’un fichier Raw correctement traité en post-production est possible).

4. Des performances mécaniques (autofocus et obturateur) de bonne tenue / Boitier expert, le système autofocus du D600 est issu de son prédécesseur dans la gamme : le D 7000. Efficace, assez sensible et doté de 39 collimateurs, sa couverture conçue pour un capteur APS-C est inférieure à celle de ses grands frères et à vrai dire un peu limitée pour un plein format. Autre très bon point : le D600 est doté d’un moteur AF qui permet l’usage d’optiques plus anciennes dépourvues de motorisation interne. Les possesseurs de focales fixes un peu anciennes pourront donc les utiliser avec bonheur (les zooms amateurs non optimisés pour le numérique seront par contre trop justes pour profiter pleinement des 24 Mpix du capteur, notamment sur les bords de l’image). L’obturation, légèrement inférieure à celle du D800, propose des déclenchements jusqu’au 1/4OOOeme de seconde à la vitesse de 5,5 image par seconde en rafale et une synchro-X pour les flashs de studio effective jusqu’au 1/200ème de seconde. Elle est d’autre part annoncé pour 150 000 déclenchements, des spécifications qui permettent d’envisage le D600 comme une acquisition polyvalente et durable dans le temps.

5. Une très bonne qualité d’image  / La question mécanique étant réglée, intéressons-nous de plus près à ce sur quoi le D600 est attendu au tournant : la qualité d’image. Premier point : les images produites sont correctement exposées (y compris en mode P), équilibrées et dotées d’une dynamique plus que satisfaisante. Les images qui nous ont servi pour le test ont été prises en Raw et développées en Tiff 16 Bit sans correction par la dernière version de View NX fournie par le fabricant avec le boitier. Comme on peut le voir sur l’image ci-dessous, le capteur du D600 donne également de très bons résultats colorimétriques : la neutralité propre à Nikon est une nouvelle fois au rendez-vous et le rendu des nuances de couleur est fin et délicat. Le Nikon D600 donne également de très bons résultats du point de vue de la sensibilité : on note logiquement une légère baisse de l’impression de netteté lors de l’augmentation des valeurs en iso, mais le grain ne devient vraiment visible dans les zones sombres de l’image qu’à partir de 1600 iso ! De même, les détails dans les basses lumières ne commencent également à s’estomper réellement qu’à partir de 1600 iso. Aux sensibilités inférieures seule l’impression de piqué varie, le grain n’est pas vraiment visible et le moutonnement ne provoque qu’une baisse de l’impression de netteté ; à 1600 iso les images supportent donc toujours des tirages de taille conséquente.

6. Conclusion : petite révolution et réelle évolution / Bien conçu et doté de performances de très bonne tenue, le Nikon D600 est un excellent choix pour les amateurs amoureux de belles images mais également pour des professionnels à la recherche d’un deuxième boitier plus léger qui ne transigent pas sur la qualité. Seul réel inconvénient du passage au plein format, la nécessité de se refaire une gamme optique pour ceux qui avaient investi dans le format DX n’est pas l’apanage du D600. En permettant la compatibilité, Nikon est pour l’instant le seul fabricant à proposer une solution permettant d’étaler dans le temps la facture de la transition vers le plein format. Néanmoins, cette transition a un prix : 2 000 € environ pour le D600 nu et 500 € de plus avec son 24-85 en kit.

source : tomsguide.fr

siret : 513 289 629 00018 

L'ensemble des photos du site sont tous droits réservés par Hubert Vast