Hubert Vast

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Test du nikon Coolpix S800c

Nikon a coupé l'herbe sous le pied de Samsung, puisque c'est à une semaine près que le constructeur nippon a ravi au coréen le titre de pionnier de l'appareil photo Android (sorti, parce qu'on se rappelle de l'annonce de Polaroid, qui n'a jamais donné suite). Annoncé le 22 août 2012 (contre le 29 août pour le Galaxy Camera de Samsung), le Coolpix S800c inaugure la convergence à contre sens du smartphone vers l'appareil photo. Contre sens mais pas non sens. Oui, nous connaissions tous le téléphone qui fait appareil photo, voici désormais l'appareil photo qui fait téléphone… ou presque !

Ce premier compact sous Android nous laisse perplexes. Parmi les aspects positifs, il faut reconnaître que Nikon a bien géré l'intégration de l'OS Google dans son compact. Android est fluide, utilisable comme tel (mais pas comme tél…éphone) et aucunement parasitant pour une utilisation photographique pure (en termes ergonomiques). La présence d'un Play Store complet apporte notamment une large gamme d'applications utiles pour traiter ses photos (si tant est qu'on veuille traiter à chaud, sur un écran de 3,5 pouces). Et avec un réseau à portée de Wi-Fi, le S800c peut alors faire circuler son contenu aisément, sur à peu près toutes les plateformes et réseaux sociaux possibles.

Maintenant, on trouvera aussi des points négatifs au S800c, et pas des moindres. D'abord, l'aspect Android connecté répond davantage à un usage instantané de smartphone qu'à une pratique photographique réfléchie. Dans ce dernier cas, l'utilisateur préférera procéder à un visionnage, un tri et un traitement sur écran d'ordinateur, pour ensuite partager ou pas. Et dans le cadre d'un usage instantané, eh bien il y a déjà le smartphone... et l'argument du seul appareil à tout faire constitue précisément ce qui séduit pour cette pratique de la photo. Or, le S800c ne peut pas tout remplacer. Ainsi il sera difficile de convaincre l'utilisateur visé de transporter deux appareils en même temps, à moins qu'il ait un module photo en dessous de tout sur son téléphone. Nikon n'aurait-il pas dû pousser son concept jusqu'au bout, en intégrant une couche téléphonie pour éviter de faire doublon ? Autant on comprend bien que Samsung voulait éviter ça pour ne pas concurrencer ses propres terminaux, autant Nikon n'avait rien à perdre. Le premier problème du S800c, c'est donc un problème de positionnement.

Ensuite, si l'intégration d'Android est techniquement réussie, elle ne se fait pas sans contre-parties : l'autonomie a très fortement diminué (écran plus grand, SoC retenu par Nikon pour l'OS, Wi-Fi, Bluetooth, GPS) et le prix a suivi la tendance inverse. De 140 € pour un S6300 (identique sur les critères photographiques) on passe ici à plus de 300 € ! Enfin, il aurait peut-être fallu que Nikon opte pour un meilleur compact que le S6300 comme base pour son S800c : l'optique n'est pas à la hauteur, la gestion des hautes sensibilités guère reluisante, la réactivité moyenne.

Nous espérons que Nikon persévérera, l'idée étant vraiment intéressante. Mais il faudra soit aller jusqu'au bout (avec a minima de la 3G et pourquoi pas même une couche téléphonie), soit partir sur un meilleur appareil pour trouver preneur. L'offre de Samsung, avec zoom 21 X, connectivité 3G, écran de 4,8 pouces et Android Jelly Bean, nous semble plus alléchante pour qui recherche un appareil photo connecté. Et elle sera quasiment au même prix, 349 €, une fois l'offre de remboursement de 100 € déduite (valable jusqu'à la fin de l'année).

source : clubic.com

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