Hubert Vast

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Test du Nikon D7100

Issu d'une belle lignée de réflex APS-C experts, le Nikon D7100 doit à la fois assumer la descendance du D7000, chouchou des aficionados de la marque et plébiscité par la critique, tout en prenant la relève du Nikon D300s, dont la fin de vie s'éternise. Voulant se faire la synthèse des besoins amateurs (enthousiastes) et professionnels, le D7100 est présenté comme le meilleur boîtier APS-C jamais produit par Nikon. Un titre auto-proclamé mérité ?

PRISE EN MAIN / Avec le temps, le design Nikon s'arrondit un peu, avec des épaules aux courbes plus prononcées et un aspect un peu moins massif. Si le volume augmente un peu par rapport à son prédécesseur, le D7100 est pourtant un peu plus léger grâce à un usage accru d'alliages de magnésium, notamment pour le capot. Les châssis "100% magnésium" restent, pour l'instant, l'apanage des boîtiers professionnels de la marque. Comme à l'accoutumée, la qualité de finition est de très haut niveau, sans fausse note d'ajustement, avec des molettes bien crantées et des boutons au toucher agréable. Nous regretterons seulement, un peu, la course du déclencheur un peu longue mais nous retiendrons surtout que la poignée, redessinée, plus galbée, offre un confort total quel que soit le gabarit de votre main. Plus d'excuse donc de ne pas sortir faire des photos sous prétexte que le grip est trop petit ou trop étroit ! L'ergonomie globale évoluent peu. La molette de sélection des modes gagne un bouton de verrouillage, le commutateur "photo/video" accueille également le bouton permettant d'enclencher le LiveView, les commandes à gauche de l'écran passent de 4 à 5. Le petit dernier, malnommé "i", permet en fait un accès direct aux principaux réglages. L'écran lui-même évolue franchement : exit les deux petits ergots permettant de clipser une protection plastique. Aujourd'hui, la protection de type GorillaGlass est jugée suffisamment performante pour se dispenser d'un disgracieux complément (pourtant fort pratique). C'est une époque qui meurt. Les nostalgiques se consoleront avec une myriade d'avancées. La diagonale gagne 5mm quand la définition passe à 1229000 points grâce à l'adoption d'un rétroéclairage de type RVBB (Rouge, Vert, Bleu, Blanc), ces derniers pixels assurant un gain en luminosité. Sous notre sonde, l'écran révèle un calibrage aux petits oignons : température moyenne de 6468K, DeltaE94 moyen de 2,1 et gamma pile poil à 2,2. Nous pourrions chipoter un peu en évoquant des noirs un peu trop clairs et des blancs un peu trop sombres, mais ces "défauts" n'en sont pas réellement puisqu'ils permettent d'améliorer la lisibilité.

La connectique est riche : prise micro, casque, USB (mais toujours pas en 3.0), HDMI, casque, branchement de télécommande, double emplacement pour les cartes mémoires (évidemment compatibles SDXC) pour des écritures en débordement, en parallèle, ou en fonction du format du fichier enregistré. Le WiFi, lui, nécessitera le module optionnel WU-1a et le GPS demande le module GP-1. Ceux que le flash intégré ne contenteront pas pourront se tourner vers le module émetteur-récepteur radio WR-1 vendu la modique somme de... 529€. Rien que cela.

Les menus, eux, restent typiquement, désespérément nikonesques. Riches, complets, détaillés, souvent trop touffus. Prévoyez d'abandonner quelques temps votre roman policier préféré pour lui préférer la consultation du mode d'emploi. Le bon côté est que tout, absolument tout est paramétrable, ce que les photographes désireux de forger leurs appareils à leurs besoins apprécieront. Une politique qui fait tout à fait sens au regard de la clientèle visée par ce boîtier. Néanmoins, nous regrettons toujours que l'option de la sensibilité ISO AUTO ne soit toujours pas activée par défaut ou qu'il soit toujours obligatoire de passer par le menu pour effacer plusieurs clichés d'un coup, rendant de fait l'editing moins aisé.

REACTIVITE / Le D7100 est le premier boîtier reflex qui nous pose autant de problèmes... dans le bon sens du terme. À en croire notre tableau de référence, qui calcule automatiquement la note à attribuer aux appareils que nous passons au laboratoire, nous aurions dû mettre 6 étoiles au nouveau bébé expert de Nikon. Rien de moins. Ce sont donc 5 très belles étoiles qu'il remporte haut la main. Le module AF à 51 collimateurs et le processeur Expeed3 font des merveilles. Le D7100 établit ainsi de nouveaux standards en termes de réactivité, doublant de la tête, des épaules et du trépied son prédécesseur ainsi que le Nikon D600, ce tant en termes de célérité que d'homogénéité. Une réactivité globale qui fera fureur auprès des professionnels du sport, par exemple, et séduira les amateurs pressés. Face à la concurrence, s'il est devancé sur certains points (surtout par le Sony Alpha 77), il se montre surtout plus homogène et régulier.

La rafale en JPEG (Fine) tient ses promesses, avec une cadence de 6 images par secondes sur 10 images successives, ralentissant un peu par la suite, le buffer ne saturant qu'au bout de 28 clichés. En RAW, la cadence baisse de manière imperceptible. Dans tous les cas, le moteur fait preuve d'une régularité typiquement Nikon. Pour ceux qui auraient des besoins vraiment plus poussés, le mode de recadrage x 1,3 permet de pousser la cadence à une dizaine d'images par secondes. Associé à une compression JPEG Basic (qui offre une qualité largement suffisante pour du 10x15), le buffer ne s'essouffle qu'après 100 images, idéal pour les photographies de sport !

QUALITE D'IMAGE / En léger retrait dans les hautes sensibilités par rapport au D7000 (la faute au capteur qui passe de 16 à 24 millions de pixel, soit un accroissement net de 50%), la montée ISO du D7100 n'en reste pas moins d'excellente facture, même si le petit frère D5200 fait aussi bien. Irréprochable jusqu'à 1600 ISO, un premier palier se démarque à 3200 ISO avec la perte des fins détails et un moutonnement perceptible. Au-delà de 12800 ISO (en position Hi 1.0), un lissage important se manifeste et les contours deviennent grumeleux et les commentaires émis vis-à-vis du D5200 s'appliquent.

Cette qualité est essentiellement bridée par l'éternel zoom 18-105mm livré en kit. Il montre clairement ses faiblesses et limites avec la hausse de résolution. Les photographes plus ambitieux n'hésiteront pas à se tourner vers des optiques plus dignes du D7100, soit un zoom à ouverture constante, soit une focale fixe.

source : lesnumeriques.com

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