Hubert Vast

Conseil & Formateur en communication digitale

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Test du Sony DSC-WX300

En ce début 2013, pour se montrer dans l'air du temps niveau compact, la recette n'est pas bien compliquée. Il vous faut un capteur BSI-CMOS gavé de pixels (18,2 millions dans le cas présent), un zoom puissant (ici un 20x, couvrant la plage du 25mm au 500mm), un peu de Wi-Fi pour faire/être branché et un écran tactile (ah non, pas ici...). Sony a suivi cette recette à la lettre, en mariant toutes ces caractéristiques dans un mini-boîtier aux allures de RX100, en espérant que le succès soit au bout du chemin. Pari réussi ?

PRISE EN MAINS / Avec son capot en aluminium brossé à l'élégance de bon aloi, son design très sobre rappelant son grand frère de la gamme RX et son gabarit à peine égal à celui d'un jeu de carte, difficile de s'imaginer que le WX300 cache un zoom 20x. Officiellement, "le WX300 est dans la catégorie compact premium à zoom puissant. Il appartient à la série W de par son design, extrêmement fin pour un zoom 20x." Joli de loin, agréablement fini de près, le nouveau compact-bijou de Sony bénéficie d'une très bonne qualité de construction. La molette de sélection des modes est ferme (bien qu'un peu petite), ne brise pas la ligne. Les différents boutons de commande offrent un toucher agréable et, malgré ses petites dimensions, la prise en main se fait sans problème majeur. Les plus tatillons regretteront que la trappe de batterie soit un peu vacillante et que l'écran se montre très sensible aux traces de doigts. Un détail qui ternit en deux temps trois mouvements l'élégance générale.

L'écran, parlons-en. Lors de notre première prise en main nous pestions contre la technologie TN utilisée (à ce niveau de gamme, c'est triste). Nous avions détecté un angle de vision par le bas (qui correspond à une visée à bout de bras, au-dessus d'une foule ou d'une barrière) tout à fait détestable. À l'usage cependant, cet écran s'avère moins mauvais que prévu et nous fait la surprise d'être tout à fait utilisable sous toutes les coutures, gommant d'un coup nos a priori.

Un zoom 20x, c'est certes relativement commun de nos jours (et encore). Mais aussi petit, c'est réellement impressionnant. Surtout que, contrairement à d'autres, celui du Sony WX300 rentre totalement dans le corps lorsque l'appareil est éteint, ce qui permet d'atteindre une compacité dans la poche tout simplement impressionnante. Ce zoom est, à l'usage, plutôt silencieux même si, comme à l'accoutumé, il lui faut du temps pour se mettre en action et pour passer parcourir l'ensemble de la plage focale. Ne boudons cependant pas notre plaisir : la miniaturisation opto-mécanique nous émerveillera toujours. Revers de cette compacité : il va falloir être souple du doigt pour atteindre les boutons "Menu" et "Effacer", ou alors tenir l'appareil à deux mains et non pas d'une seule.

Avec un plumage aussi flatteur, que vaut le ramage ? Clairement les possibilités offertes par les menus rappellent que nous sommes en présence d'un compact destiné au grand public. Exit donc le RAW, le format 3:2 (ce sera uniquement du 4:3 ou du 16:9), les modes semi-automatiques, les corrections d'exposition et modes Macro activables manuellement (il n'y a d'ailleurs même pas de scène Macro). À la place, Sony propose toute une multitude de fonctions automatiques (et Automatiques Supérieures), toutes fort bien pensées, pas trop envahissantes et surtout extrêmement pédagogiques. Un index d'aide pour les différentes fonctions est même accessible directement via la touche "?" tout en bas à droite du boîtier. Classées par ordre alphabétique, toutes les réponses aux grandes questions de la vie avec votre appareil, de l'univers et du reste sont là. Bien vu !

REACTIVITE / Attention, ceci n'est pas un running joke : le WX300 est un compact à gros zoom, et comme tous les compacts à gros zooms, il souffre d'un démarrage... lent. Si beaucoup font pire, et si dans l'absolu le WX300 fait partie du peloton de tête, nous aimerions bien qu'en 2013, les constructeurs se décident à fabriquer des zooms qui s'allument rapidement, ce serait souvent plus utile que des zooms équivalents à des 1200 mm. La critique tombe aujourd'hui sur le compact de Sony, mais nous serons, à l'avenir, de plus en plus sévère sur le sujet.

L'autofocus s'en sort merveilleusement bien que ce soit au grand angle ou au télé. Vous n'aurez pas le temps de dire ouf que la photo sera déjà prise, une très bonne nouvelle pour ceux qui s'inquièteraient de manquer une photo de famille. Avec le WX300, vous photographiez la scène aussi vite qu'elle se produit. Des chronomètres dignes du HX20V. Lorsque la lumière diminue, l'autofocus marque le pas. Le compact Sony est, par exemple, en-dessous d'un Panasonic TZ35 qui profite d'une meilleure homogénéité. En effet, le Sony a des difficultés à réajuster sa mise au point entre deux sujets éloignés, doublant le temps nécessaire (passant de 0,5 seconde à près d'1,1 seconde, ce qui plombe sa moyenne). Il est, de plus, totalement largué par le Fuji FinePix F770EXR.

Par contre, le Sony WX300 s'en sort mieux que les autres entre deux photos, puisqu'il est l'un des rares à ne pas demander une seconde d'attente. C'est bien. En revanche, il ne reproduit la performance que sur trois photos. Au bout de ce nombre, il faut attendre presque deux secondes, puis trois nouvelles photos "rapprochées" sont possibles. Et ainsi de suite. C'est moins bien. Du côté de la rafale, il monte à une cadence de 8 images par secondes, limité à 10 images. Pas une de plus. Une fois la dizaine atteinte, il va vous demander presque 7,5 secondes de patience avant la rafale suivante. Dit comme ça, cela peut paraître long, mais ce n'est pas pénalisant à l'usage. Petit détail amusant : en mode lecture, les 10 photos prises en rafales ne sont pas affichées successivement mais comme un seul dossier de dix photos dans lequel il faut accéder. Pour naviguer de l'une à l'autre, il faut pencher l'appareil de gauche à droite. Ludique et intrigant : si l'appareil sait le faire, c'est qu'il y a un gyroscope ou un accéléromètre quelque part. Du coup, pourquoi ne pas avoir mis d'horizon virtuel, fonction éminemment pratique et addictive dès qu'on y a goûté ?

QUALITE DES IMAGES / Avec son capteur BSI CMOS ExmorR de 18 millions de pixels, le Sony WX300 cumule grosse définition et gros zoom. Malgré cela, l'appareil produira des tirages 20x30cm tout à fait honorable de 80 ISO à 800 ISO jusqu'à la moitié de la plage focale. Sur la fin, vers 500mm, une légère distorsion en barillet est perceptible. Plus visible par contre est le lissage intervenant en bout de zoom, qui vient gommer les fins détails, au bénéfice d'une stabilisation vraiment efficace. Par contre, dans tous les cas, les aberrations chromatiques sont bien maîtrisées et l'objectif ne souffre pas particulièrement du flare et autres reflets parasites. Un bon point pour la polyvalence.

Du côté des sensibilités, trois zones se distinguent clairement. De 80 ISO à 800 ISO, le Sony WX300 est irréprochable et offre un niveau de détail très satisfaisant. Les aplats sombres sont bien maîtrisés et le lissage reste raisonnable. À 1600 et 3200 ISO, nous relevons une première baisse du contraste, le gommage des détails fins, mais il n'y a toujours pas de bruit chromatique qui pourrait franchement déranger. Les valeurs extrêmes de 6400 et 12800 ISO, en revanche, partent dans tous les sens et ne seront bonnes qu'à photographier des OVNI en plein désert. Heureusement que ces sensibilités sont bien cachées tout au fond à droite de l'échelle.

En complément du zoom optique 20x, Sony propose la technologie "Image Claire" qui, par le biais d'un zoom numérique aux algorithmes poussés, revendique une qualité d'image suffisamment bonne pour "simuler" un zoom optique 40x. Nos essais nous ont montré qu'effectivement cette fonction était convaincante jusqu'aux impressions 10x15. Un complément de zoom bienvenu en cas de nécessité extrême. (Ce constat ne change cependant pas notre opinion classique sur les zooms numériques, qui sont, dans l'idéal, à éviter.)

source : lesnumeriques.com

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