Hubert Vast

Photographe / Conseil en présence web

06 63 37 31 77

Test du fujifilm X100s

fujifilm x100sPrise en main, ergonomie et menus / Fujifilm a opéré quelques légères modifications depuis son X100, mais globalement, les sensations et le maniement du X100s demeurent identiques : même gabarit, 5 g en moins, même finition, agencement des touches similaire à deux trois nuances près…

Ainsi, ce qui sépare le X100 du X100s en matière de prise en mains est de l'ordre de l'optimisation. Fujifilm a par exemple interverti plusieurs touches, pour mieux coller au bon sens, du moins au bon sens des photographes qui ont formulé des critiques sur le X100. Ainsi les commandes Drive et AF ont échangé leurs places, tout comme l'autofocus continu et celui ponctuel. Si ça ne change pas la vie, c'est effectivement pertinent. Fujifilm a également remplacé le bouton RAW par sa touche Q désormais caractéristique de la gamme X (accès rapide à tous les réglages).

La manette permettant de passer du viseur optique à la visée électronique a été légèrement redessinée : le doigt ripe moins facilement dessus désormais. Le mode automatique de la molette des vitesses d'obturation s'est éloigné des autres valeurs pour éviter les fausses manipulations. Mais il faut une règle de précision pour s'en rendre compte… Fujifilm annonce également avoir doté la vitre extérieure du viseur d'un traitement contre les traces de doigts : ça n'empêche pas l'arrivée des traces mais ça facilite effectivement leur élimination. En outre, il sera désormais possible de faire une mise à jour de firmware du X100s sans perdre tous ses réglages, comme avec le X100.

A défaut d'innover, Fujifilm rectifie les erreurs de jeunesse de son boîtier. Le X100s reste donc un boîtier très plaisant à utiliser pour qui aime les ergonomies « old school » (molettes de diaphragme, de correction d'exposition et de vitesse d'obturation, viseur optique lumineux, raccourcis…) mais il en déstabilisera aussi plus d'un (design rétro, absence de grip, réglages parfois abscons…). A la rédaction, les ressentis sont partagés.

Quoi d'autre ? Le viseur électronique a appréciablement gagné en résolution : il passe de 1 440 000 à 2 360 000 points. Le bénéfice est manifeste par rapport au X100 ! Mais l'écran principal reste une dalle de 2,8 pouces à 460 000 pixels : très bien il y a deux ans, un peu moins impressionnant aujourd'hui. Enfin, Fujifilm n'a pas jugé bon de changer de batterie. Le X100s conserve la NP-95 de 1 800 mAh, procurant une autonomie limitée à 300 vues.

Quid des menus ? / Les menus sont directement hérités du X-Pro 1 : les principaux changements par rapport au X100 sont donc cosmétiques. Notez l'arrivée d'une entrée Filtre avancé (effets jouet, miniature, pop, désaturation partielle, etc.) nouvelle chez Fujifilm et la compatibilité Eye-Fi.

Des progrès incontestables… et salutaires / On pouvait reprocher au X100 la lenteur et l'imprécision de son autofocus dans certaines circonstances (faible luminosité et/ou macro), AF qui patinait alors parfois en vain. Le X100s adopte un système hybride, alliant la détection de contraste habituelle à la détection de phase qu'on trouve typiquement dans les reflex. Cette détection de phase est obtenue grâce 142 000 pixels du capteur qui lui sont en partie dédiés, comme expliqué dans ce précédent article détaillant la technologie. Maintenant que nous disposons d'un appareil avec un firmware en version définitive selon Fujifilm, nous pouvons l'affirmer : c'est efficace !

Tous les chronomètres ont été améliorés, à l'exception du temps de recyclage du flash qui reste inchangé. Le démarrage (jusqu'à la première prise de vue) passe de 1,9 s à 1,1 s (en mode « GESTION ALIM » sur hautes performances), la latence est devenue tout bonnement imperceptible, la mise au point s'effectue en 0,25 s au minimum et 0,40 s au maximum. En macro le progrès est aussi visible, mais pas systématiquement. La mise au point va parfois dépasser la seconde. La rafale a également été dopée à 6 im/s, avec un buffer généreux de 36 images environ (6 en Jpeg + Raw).

Mieux, mais Fujifilm dispose encore d'une bonne marge de manœuvre. D'abord, la motorisation de l'objectif pourrait être plus vive et aérienne (genre ultrasonique). Là on sent que ça gratte un peu (sans faire spécialement de bruit, heureusement). Ensuite, dans ce tandem de technologies d'AF, c'est manifestement toujours la détection de contraste qui domine. Une vraie détection de phase calcule avant puis amène la mise au point à la distance voulue d'une traite. Ici, on observe toujours le phénomène de pompage, rapide mais réel, typique de la détection de contraste.

Par ailleurs, si le X100s est plus rapide que le X100, il n'est pas forcément plus précis. Et notamment en macro, où l'appareil se plante encore régulièrement, en faisant parfois même apparaître un collimateur vert (qui indique normalement une mise au point réussie). Enfin, Fujifilm n'a toujours pas daigné adjoindre la détection des visages à son appareil : en mode AF « multi », le X100s pourra donc faire son point sur un premier plan anodin alors qu'un sujet humain se tient juste à côté. Comme sur le X100, le mode « AF zone » réglé sur le collimateur central reste le moyen le plus fiable pour utiliser le X100s.

En matière de mise au point manuelle, le X100s a subit une vraie cure de jouvence par rapport au X100. Pourquoi ? D'une, parce que les paliers de mise au point sont beaucoup plus rapprochés (1,38 mm contre 2,75 mm précédemment) et sensibles : quand on tourne la bague, ça répond tout de suite, même par faible luminosité. De deux, parce que Fujifilm propose désormais un mode « image divisée » singeant la visée télémétrique, en se basant sur les pixels de détection de phase évoqués plus haut. Un bloc gris apparaît au centre composé de deux fois deux rectangles. Selon la mise au point effectuée, les rectangles vont glisser deux à deux vers la droite ou la gauche, proportionnellement au décalage de phase. Pour trouver la bonne mise au point, il suffit de bien aligner ces rectangles sur la zone voulue. C'est très visuel et précis : un vrai plus !

Objectif : presque rien de nouveau / La formule optique du X100s est identique à celle du X100 : une focale fixe de 23 mm (éq. 35 mm en 24x36 mm) qui ouvre à f:2,0 et ferme à f:16 au maximum. En dehors d'une relative mollesse, voire douceur ambiante à f:2,0, qui s'améliore au centre dès f:2,8 et partout à f:4,0, cette optique atteint un très haut niveau de qualité. F:5,6 et f:8,0 restent les deux meilleurs réglages pour qui recherche un maximum de piqué. Mais f:11 et f:16 sont des ouvertures encore parfaitement utilisables, car souffrant peu du phénomène de diffraction. C'était déjà bien le cas du X100, c'est peut-être encore accru sur le X100s qui applique le nouvel algorithme maison Lens Modulation Optimizer (LMO). Cet algorithme adapte l'ajout de netteté lors du traitement en Jpeg de l'image en fonction de l'ouverture, sur la base de la caractérisation de la formule optique que Fujifilm a renseignée.

Impossible pour nous de vérifier son efficacité, d'une parce que l'algorithme n'est pas débrayable sur le X100s (c'est fort dommage) et de deux parce que le diaphragme intégré de notre X100 de référence vient de rendre l'âme (c'est FORT dommage !)… Ce problème de lamelles collées aboutissant à une surexposition systématique semble avoir frappé assez souvent sur les premières séries de X100 d'après ce qu'on peut lire sur de nombreux forums. Direction le SAV pour notre X100, qui prend vraisemblablement ce défaut en charge.

Il y a tout de même une différence qui ne paye pas de mine mais qui dans la pratique est décisive : la réduction de la distance minimum de mise au point, qui passe de 80 cm à 50 cm en mode normal (et toujours 10 cm en macro). Et Fujifilm a eu l'intelligence (enfin !) d'automatiser la bascule entre le mode normal et la macro : on n'est plus contraint d'intervenir manuellement, c'est grandement appréciable. Il y a sinon peu de distorsion à déplorer, un faible vignettage entre f:2,0 et f:4,0 et pas d'aberrations chromatiques notables.

Qualité d'image et hautes sensibilités / Nous voilà arrivés à l'autre atout majeur du X100s : son capteur CMOS X-Trans de 16,3 MPix, épaulé par un nouveau processeur de traitement d'image EXR II. Le capteur est similaire à celui vu dans le X-Pro 1, à cette différence près qu'il intègre comme évoqué plus haut des pixels dédiés à la détection de phase (pour l'autofocus). La technologie X-Trans à proprement parler n'a pas évolué : elle conserve sa matrice RVB unique à Fujifilm permettant au constructeur de se passer de filtre passe-bas. Pour mémoire, le filtre passe-bas sert à éviter les problèmes de moiré que les matrices de Bayer ont tendance à produire à cause de leur régularité. Ca fonctionne mais comme toute surcouche, le filtre fait perdre de la netteté à l'image. Fujifilm a trouvé un moyen pour se passer de filtre passe-bas : développer une matrice différente, aléatoire, pour contourner le problème de moiré. Toute la tâche, ardue, réside ensuite à reconstruire l'image par interpolation des pixels.

Gestion des hautes sensibilités / Pas de véritable surprise ici, le X100s se comporte exactement comme le X-Pro1 et c'est une très bonne chose ! Autrement dit, ses images sont parfaites de 100 à 800 ISO. A 1 600 ISO, un très léger grain fait son apparition, notamment dans les zones sombres, mais il n'est aucunement dérangeant. A 3 200 ISO, ce bruit s'accentue au point où il commence à faire disparaître les premiers détails les plus fins. Les noirs perdent en densité mais les images restent largement utilisables. Le rendu est quasiment identique à 6 400 ISO, avec un subtil voilage en prime, qui contient la montée de bruit mais lisse légèrement l'image. Ce n'est qu'à 12 800 ISO qu'on doit refréner ses ardeurs, à du petit tirage avec post-traitement préalable. C'est à fortiori encore plus vrai à 25 600 ISO, dernier exutoire qu'il faudra limiter à du dépannage. Mais peu d'appareils montent aussi bien aussi haut en sensibilité. Notez que le X100s offre cinq paliers de réduction du bruit.

Par rapport au X100 ? La différence n'est pas franchement significative. Le grain est sensiblement plus visible sur le X100 mais il semble également plus fin. A 1 600 ISO, le traitement est identique. A 6 400 ISO, le X100s produit des images davantage prêtes à l'emploi, mais si vous post-traitez un minimum, l'écart deviendra insignifiant. En revanche la balance des blancs automatique n'est pas tout à fait identique. Et on constate un écart d'exposition, vraisemblablement lié aux défaillances de notre X100.

Quoi d'autre ? / Petite précision à apporter toutefois : il apparaît que que le « rematriçage » (c'est-à-dire la reconstruction de l'image après capture à travers de la matrice X-Trans) n'est pas totalement anodin. Sur les détails les plus fins, typiquement les poils des plumes de notre scène, des artefacts viennent occulter de la matière que le X100 et son capteur normal parviennent à restituer, malgré la résolution inférieure. Des problèmes que nos confrères de DPReview ont déjà soulevés sur l'édition du RAW, rendue compliquée par la spécificité des algorithmes de traitement X-Trans de Fujifilm. La version 7.4 de Camera Raw (pour l'instant disponible qu'en Release Candidate) offrira visiblement une prise en charge améliorée de l'édition RAW issu des capteurs X-Trans.

source : clubic.com

siret : 513 289 629 00018 

L'ensemble des photos du site sont tous droits réservés par Hubert Vast