Hubert Vast

Photographe / Conseil en présence web

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Comment choisir un objectif photo ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il est plus simple de faire le tri dans les objectifs que dans les boîtiers une fois que l’on a compris de quoi il en ressort. Ne vous laissez par berner par la terminologie parfois abstraite et inutile. Il est vrai qu’un traitement NanoCristal a pour vocation de réduire les reflets, des lentilles asphériques réduisent le coma, et des verres ED réduisent les aberrations chromatiques, mais cela reste du jargon technico-marketing et ne devraient en rien vous écarter des éléments suivants à retenir :

1. La première règle d’or concernant les objectifs

Les meilleurs résultats sont obtenus avec des objectifs à focale fixe, les « PRIMES LENSES » ! Il ne faut jamais perdre à l’esprit, que PLUS vous en demander à votre objectif en terme de focale et d’utilité, MOINS bonne sera sa performance globale. En somme, acheter un objectif zoom de 28-300mm vous permettra une utilisation depuis la focale grand-angle jusqu’à la focale d’untéléobjectif, très certainement, mais vous n’aurez jamais la qualité optique d’un grand angle fixe, et d’un téléobjectif fixe à la fois.

2.Construction des objectifs

Il faut garder à l’esprit, que les lentilles regroupées en groupe dans un objectif, doivent non seulement capter une image et la former sur un certain format, mais elle doivent également corriger des défauts optiques (ou les réduire), le tout à des ouvertures de diaphragme variables. Par définition, n’importe qu’elle lentille convexe ou concave effectuant une certaine modification, aura une/des incidences autre part, regroupées sous le terme d’aberration optique. En voici quelques exemples :

Distorsion : La courbure des lignes de perspective. Vignetage : L’assombrissement des coins d’images. Aberration chromatique : Contours flous colorés. Aberration sphérique : Perte de netteté au centre et au bords de l’image. Flare / Reflet : Formation de halos parfois en polygones (au nombre de lamelles) Coma : Déformation des petites zones en forme de queue de comète. Diffraction : Perte de netteté propre aux diaphragmes fermés.

Sans être dans le secret des Dieux, ou ingénieur en optique, retenez, que les lentilles ont pour première fonction de concentrer une image sur une surface prédéfinie (APS-C, FX etc) mais également de corriger des aberrations optiques. En somme, plus il y a de lentilles, ou de groupes de lentilles, plus le constructeur essaye de corriger un/des défaut(s). Ce qui est un bon signe.

Exemple : La focale reine, 50mm était jadis une construction classique de 6 lentilles en 4 groupes (Nikon 50mm f/2 de 1974, ou Canon FL 50 f/1.4 de 1965). De nos jours, la construction de base pour cette focale est de 8 lentilles en 6 groupes, voire 8 lentilles en 7 groupes pour le Nikon AF-S 50mm f/1.4. Cela signifie tout simplement, que le constructeur a décidé (ou encore, est parvenu) d’éliminer certaines aberrations optiques. Impossible à ce stade de dire lesquelles sans avoir fait de tests ou avoir discuté avec l’ingénieur en personne .

Ainsi, si vous avez à faire à un nouvel objectif, remplaçant un plus ancien, mais que vous vous rendez compte que la construction est la même, alors il y a fort à parier que le nouvel objectif ne vous apportera pas grand chose de plus.

3. L’ouverture des objectifs

Soit fixe, soit variable dans certains zooms, c’est la quantité maximum de lumière qu’autorisera l’objectif. Je rappelle tout humblement que dans « photographie » il y a les mots grecs pour « lumière » et « dessin », la lumière est donc l’élément LE PLUS important dans la photographie. Plus votre objectif en laissera passer, moins vous serez embêté dans des conditions lumineuses faibles. Retenez, que dans les focales fixes (24mm, 35mm, 50mm par exemple), les bons objectifs ouvrent au moins jusqu’à f/2.8, voire même jusqu’à f/1.4 pour les standards 50mm). Les zooms moyens ont très souvent des ouvertures variables et plus faibles (exemple Nikon AF-S DX 18-200mm f/3.5 – 5.6). Encore une fois, vous vous rendrez vite compte, que les meilleurs objectifs, sont les focales fixes, avec une grande ouverture…fixe (Nikon AF 135mm f/2 DC ). Enfin, plus il y a de lamelles, plus arrondis seront les reflets et le bokeh sera adouci (A partir de 9 lamelles, cela est déjà considéré très bon).

4.La stabilisation d’image des objectifs (VR ou IS ou OS ou VC suivant les constructeurs)

J’ai un avis mitigé sur la question. Il est évident, qu’il devient difficile de faire une photo sans le moindre bougé, à main levée, à partir de 1/60s au moins, le risque s’agrandit d’ailleurs à mesure que la focale augmente.

Imaginez la chose suivante : Vous êtes avec votre zoom calé à 200mm et vous devez shooter à 1/60s, le tout à main levée. Bonne chance ! Et là les constructeurs vous sortent leur atout magique…j’ai nommé la stabilisation d’image. « Le système de réduction de vibration de Nikon vous permet de prendre des photos à des vitesses d’obturation jusqu’à cinq fois plus lentes pour des photos exceptionnellement nettes et stables lors des prises de vues à main levée. »

Du jargon technique pour affirmer, que même à 200mm de focale, vous pouvez shooter jusqu’à 1/6s. En fait, il faut prendre ce genre d’affirmation avec beaucoup de prudence. C’est comme les constructeurs de voitures qui affirment que tel moteur a une consommation urbaine moyenne de 3,7litres/100km, alors que vous vous rendez bien compte qu’en réalité, vous atteignez à peine les 5litres. Il y a même des « photographes » dont j’ai déjà parlé sur mon site, comme Ken Rockwell, qui affirme que l’on peut jeter le trépied. Rien n’est plus faux. Sachez que si vous souhaitez profiter du piqué maximum atteignable par votre objectif, rien ne remplacera un bon vieux trépied ou n’importe quel autre support fixe. Même si la stabilisation évitera des flous grossiers à focale importante à main levée, sachez que par définition, le stabilisation fonctionne par vibration. Il est dit que le mécanisme de stabilisation opère généralement à une fréquence entre 500 à 1000Hz, et qu’en shootant à des vitesses en-dessous, par exemple à 1/125s, l’image s’en trouve donc affectée. Quoiqu’il en soit, vous aurez toujours intérêt à vous passer de la stabilisation si la situation le permet, surtout SUR PIED ! Ainsi, mais cela n’engage que moi-même, je ne témoigne que peu d’intérêt pour la stabilisation d’image. Je préfère mille fois m’adapter et utiliser un pied et/ou en augmenter la vitesse.

5. La finition des objectifs

C’est peut-être le meilleur gage de qualité, mais également le plus subjectif. A mon sens, celui qui ne voit pas différence entre une série « L » de chez Canon et une conventionnelle, n’en a tout simplement jamais eu en main. Quelqu’un qui dénigre les série AF-D fixes de Nikon, ne sait tout simplement pas de quoi il parle. Je confirme : La série L de Canon est d’une qualité de finition remarquable, tant au niveau des matériaux qu’au niveau ergonomie, et les objectifs 105mm et 135mm de Nikon par exemple, sont de vrais « Tanks » de robustesse et maître-étalon au niveau de la qualité d’image.

Maintenant que je vous ai fait part de ce qui me semble être réellement pertinent dans le monde de objectifs, la vraie et seule question que vous devez vous poser avant l’achat est la suivante :

« De quoi ai-je BESOIN ? » Les constructeurs ont le besoin de TOUT vous faire acheter, mais pas vous !

J’adorerais essayé toute la gamme de Nikon, Canon et Sigma, mais j’avoue que je n’ai aucun besoin de zooms exotiques. 90% de mes photos sont actuellement effectuées en 50mm, et j’ai donc acheté tout naturellement ce qui se fait de mieux à cette focale : Nikon AF-S 50mm f/1.4G, et croyez-moi, j’en ai essayé une flopée d’autres. Et c’est comme ça que tout un chacun devrait fonctionner, c.à.d. déterminer son rayon de travail en matière de focale, et faire le tri de ce qui se fait, et bien sûr, de ce qui s’est déjà fait, car on fait assez souvent les meilleurs confitures dans les vieux pots (ex Nikon Ai-S 28mm f/2.0).

Pour les plus curieux d’entre vous, voici encore un ficher complet sur l’ensemble des objectifs disponibles.

source : bonplanphoto.fr

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