Hubert Vast

Conseil & Formateur en communication digitale

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Test du Nikon S9500

Le S9300 testé l'année dernière ne nous avait pas plus convaincus que cela, la faute à une imagerie poussive et des lenteurs de fonctionnement pénalisantes. Et surtout, Nikon n'avait pas marqué de progrès assez significatifs depuis le S9100. Avec cette itération de son compact à zoom puissant, le S9500, le constructeur nippon va-t-il faire mouche, ou un flop ?

Prise en main et ergonomie du S9500

Il y a à peu près autant d'écart entre le S9500 et le S9300, qu'entre les Fujifilm F900 EXR et F770. Le S9500 perd son excroissance au-dessus du boîtier, mais pas son GPS, que Nikon a donc réussi à enfouir plus habillement. Pour le reste, la formule demeure inchangée : gabarit, finition, barre de grip en façade, agencement des commandes. Le grip de pouce voit sa forme modifiée, d'une bande oblique (pourtant pratique) à une sorte de carré plus conventionnel (mais en caoutchouc très aggripant). Sur le sélecteur de modes, l'entrée rafale a cédé sa place au portrait de nuit. Dans un registre plus significatif, signalons le remplacement de l'écran LCD 3 pouces en 921 000 pixels par une dalle OLED de même taille mais en 614 000 pixels. A nos yeux, ce changement est plutôt négatif. Les angles de vision sont bons, pas les couleurs, et la définition se dégrade. Le seul bénéfice réel, c'est le gain de consommation électrique, autorisant une trentaine de vues supplémentaires (230) par charge (avec la même batterie).

Nikon axait son S9300 pour le grand public, c'est encore le cas ici. Les manipulations sont enfantines, les réglages réduits à l'essentiels (et un peu plus). Ne cherchez donc pas les modes A, S, M. Mais le S9500 donne tout de même accès à la mesure d'exposition, au choix des zones AF, à la balance des blancs sur mesure et au paramétrage indépendant de la saturation et de la teinte. Priorité reste donnée aux automatismes (portrait optimisé, paysage de nuit avec ou sans trépied, contre jour avec ou sans HDR, etc.) et aux effets (sépia, noir et blanc, flou artistique, couleurs sélectives, etc..). Des fonctions simples, des menus dépouillés (et un peu ternes), une interface rapide : le néophyte se sentira à l'aise. Un petit couac toutefois : la fixation trépied est comme sur le ZR700 de Casio très excentrée.

Performances du S9500

Le S9500 fait mieux que son prédécesseur, ce qui entre nous n'était pas très compliqué. L'appareil s'anime en 1,5 s, c'est assez rapide, et il enchaîne deux vues en 1,4 s. L'autofocus aussi s'est vivifié, en dépit d'une latence au déclenchement toujours aussi banale (0,15 s) : entre 0,35 et 0,4 s au grand angle, et 0,4 à 0,55 s au téléobjectif. En revanche, la rafale stagne, après avoir décliné entre le S9100 et le S9300 : on atteint au maximum 7,5 im/s mais sur 5 vues seulement et avec 5 s d'immobilisation. En rafale normale, où le rythme de 1,9 im/s est assuré sur 31 clichés, l'encombrement du buffer devient abominable : avec une séquence de 20 images, l'appareil met 41 s pour s'en remettre ! Un peu de mal à digérer le nouveau capteur de 18,1 MPix ?

Nikon a décidé d'allonger son zoom de 18X à 22X, sans trop toucher aux ouvertures maximum (f:3,4-6,3 contre f:3,5-5,8). La lentille ED à faible dispersion reste de la partie, tout comme la stabilisation optique, qui se voit seconder par une dose d'électronique (capteurs de mouvements). Etait-ce indispensable ? Pas vraiment. Si le piqué est toujours correct au centre de l'image, l'homogénéité laisse elle à désirer. Et les aberrations chromatiques que contenait bien le zoom 18X sont sur ce 22X légion. Pour couronner le tout, la stabilisation hybride de notre modèle de test opère des sortes de glissement de cadrage à chaque déclenchement au téléobjectif. Dit autrement : on verrouille sa mise au point, on ne bouge plus et la photo capturée est décalée, généralement sur la droite ou la gauche. Fâcheux…

Qualité d'image et hautes sensibilités

Voir ce Nikon se présenter à nous avec un capteur encore plus gros, 18,1 MPix, nous inquiète. Puisque le passage de flambeau précédent du 12,1 au 16,1 MPix ne s'était pas franchement bien déroulé. Le S9500 apporte cette fois un mieux, mais de peu. A 125 et 200 ISO, on préfère le rendu du S9300. Pourquoi ? Sur le S9500, on sent qu'il lisse déjà davantage, impression renforcée par l'accentuation nette des micro-contrastes. Le tout donne un effet aquarelle, peu seyant de près. En revanche dès 400 ISO, alors que le S9300 laissait filtrer un important bruit chromatique, doublé d'un grain peu esthétique, le S9500 se contente d'un voile granuleux. Déjà beaucoup de détails perdus, mais la colorimétrie reste fidèle. A 800 ISO, les rendus deviennent brouillon dans les deux cas, mais avec encore une meilleure gestion du bruit chromatique sur le S9500. A 1600 et 3200 ISO, le S9500 cisaille moins que le S9300, le grain de luminance est mieux dissipé. Là Nikon revient dans la course avec ses concurrents les plus rudes, puisqu'en même temps, tous s'effondrent plus ou moins à ces niveaux de sensibilité. En somme, le S9500 fait un peu mieux mais n'est jamais ce qu'il y a de mieux. Nikon aurait mieux fait de progresser sur le capteur précédent.

La colorimétrie de Nikon est parfaitement juste, la mesure d'exposition tend légèrement vers la surexposition. Bref, nous nous répétons. Sauf que Nikon a amélioré son mode photo de nuit, qui délivre désormais des résultats tout à fait intéressants car peu bruités mais sans être flou pour autant.

source : clubic

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