Hubert Vast

Conseil & Formateur en communication digitale

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Test du Sony RX100 II

Un an après avoir dévoilé son petit Cybershot à grand capteur, le RX100, Sony confirme ses ambitions sur ce marché avec le RX100 II. La dénomination évocatrice donne le ton : il s'agit là plus d'une évolution du modèle précédent que d'un appareil flambant neuf. Reste à voir si les améliorations apportées seront assez significatives pour justifier l'envolée du prix, de 600 € à la sortie du RX100 à 749 € pour cette édition numéro II.

Prise en main et ergonomie retour au sommaire

Sony RX100 II 2Sony simplifie grandement notre tâche descriptive puisque les véritables nouveautés ne sont qu'au nombre de quatre : le capteur, l'écran, la griffe porte-flash / accessoires et le Wi-Fi. Tous les autres aspects ou presque du RX100 II (design, finition, objectif, interface, fonctionnalités…) demeurent identiques à ceux du RX100, premier du nom. On se munit donc du même petit boîtier, très élégant et bien construit mais toujours aussi délicat tenir. En effet le RX100 II glisse facilement, faute de grip, et la main droite manque d'espace, à cause du barillet d'objectif disproportionné en façade et de l'écran de 3 pouces au dos.

L'appareil se manipule donc davantage comme un point and shoot au fonctionnement largement paramétrable plutôt qu'un compact expert. Disposer d'un tandem roue codeuse – bague d'objectif sur un appareil aussi compact est un agrément appréciable. Sauf que les manipulations ne sont pas forcément toujours idéales : on préfèrerait une molette à cette roue, pour éviter d'avoir à décoller la paume de la main, et la bague d'objectif reste toujours aussi peu précise (non crantée, latence pénible).

Parlons plutôt des nouveautés, et d'abord de la griffe porte-flash. C'est la même que sur les RX1 et HX50V. Une griffe standard pour flash (normes ISO) mais aussi toutes sortes d'accessoires propriétaires Sony (viseur électronique, micro, etc.). Une flexibilité séduisante pour qui chercherait à exploiter au maximum son appareil. Côté Wi-Fi, on retrouve des fonctions similaires à celles proposées sur le HX50V testé récemment : prise de vue distante, envoi vers smartphone/tablette ou ordinateur et visionnage sur téléviseur. Et comme nous parlerons du capteur plus tard, il reste ici à évoquer l'écran, de qualité équivalente (et excellente) à celui du RX100 (3 pouces et 1 229 000 pixels, avec une matrice RGBW à quatre sous pixels) mais inclinable à environ 90° vers le haut et 45° vers le bas. C'est un plus incontestable, même si sur un compact de cette taille les manipulations ne sont pas toujours évidentes.

Ces ajouts engendrent une prise de poids conséquente de 38 g (278 versus 240 g), guère bienvenue compte tenu de la prise en main glissante. Quoi d'autre ? La portée flash s'est vu légèrement réduite (15 m contre 17,1 m en ISO Auto), malgré une plage automatique de sensibilité plus élevée sur le RX100 II. Et la connectique micro HDMI a été relogée, du dessous du boîtier vers la tranche. Notez enfin qu'à batterie équivalente (NP-BX1 de 1240 mAh), l'autonomie a progressé d'une vingtaine de vues, pour atteindre 350 photos (normes CIPA). Mais la recharge immobilise l'appareil puisque Sony ne fournit pas de chargeur externe. Ca ne fait pas sérieux sur un appareil de ce standing…

Quid des menus ?

Rien de nouveau de ce côté-ci, en dehors de l'apparition d'entrées dédiées au Wi-Fi. On apprécie toujours autant le fait de pouvoir affecter les fonctions de son choix aux boutons voulus, ou encore de paramétrer le comportement du menu (retour au dernier endroit visité ou à la première entrée). Il ne manque que la personnalisation du sens de rotation de la bague pour être complet. Attention tout de même : si vous paramétrez la bague d'objectif sur autre chose que la valeur par défaut (« standard »), vous ne pourrez par exemple plus faire défiler les modes scènes. Par ailleurs la fluidité n'est pas totale (délai d'une demi-seconde entre la pression sur la touche menu et l'apparition des menus, petite latence quand on se déplace trop vite transversalement). Vous nous direz qu'on chipote mais sur un appareil à 750 €, on peut exiger l'instantanéité.

Performances : réactivité et objectif retour au sommaire

Toujours de la haute volée Les chronomètres n'ont pas beaucoup évolué. Le démarrage de l'appareil est toujours aussi long (et même un peu plus avec 2,4 s jusqu'à disponibilité de l'AF), le reste toujours plutôt rapide. La latence au déclenchement se maintient à 0,05 s, profitant à un autofocus encore bien en forme (entre 0,2 et 0,6 s, latence comprise). Le RX100 II parvient à enchaîner deux images en 0,7 s, si on laisse le temps à l'écran de se rallumer. Mais si on presse le déclencheur très rapidement, le RX100 II ne met que 0,2 s pour prendre une vue supplémentaire (sans recalculer la mise au point). Les temps de recyclage du flash se sont légèrement allongés, rien de grave.

Enfin la rafale culmine comme sur le RX100 à 10 im/s (attente de 7,3 s pour voir ses images, mais pas pour en prendre d'autres). Si on souhaite conserver l'actualisation de la mise au point entre les vues, la cadence chute à 2,5 im/s sur 25 vues en Jpeg (ou 2,3 im/s sur 9 vues en Jpeg + RAW).

Du Zeiss à f:1,8, encore Sony RX100 II 7Sony a maintenu son optique Carl Zeiss, Vario-Sonnar T*. Un zoom très lumineux au grand-angle (f:1,8), beaucoup moins au télé (f:4,9), qui couvre la plage courte mais essentielle de focales 28-100 mm. Difficile de faire mieux avec un capteur 1 pouce, dans un gabarit aussi compact. La prestation demeure globalement satisfaisante, avec un superbe piqué au centre en toutes circonstances (focales comme ouvertures, sauf au-delà de f:8 pour cause de diffraction) mais une homogénéité qui va de faible au grand-angle à correcte au télé, en passant par moyenne à mi-parcours (50 mm). Les bords s'améliorent quand on ferme le diaphragme à f:4 et plus au grand-angle ou vers f:8 au 50 mm. Au télé, le diaphragme n'a que peu d'incidence sur l'homogénéité.

La distorsion est conséquente à 28 mm, insignifiante au-delà, et de toute façon toujours assez bien corrigée par l'appareil. Les aberrations chromatiques sont visiblement plus compliquées à traiter, même s'il faut noter un progrès par rapport au RX100 pour ce qui est des aberrations latérales (quand l'optique n'agrandit pas toutes les longueurs d'onde des différentes couleurs de la même façon). Les aberrations longitudinales (quand la distance focale varie avec la longueur d'onde) sont-elles plus problématiques, notamment à f:1,8, où elles semblent se plaire dans les bokeh d'arrière comme d'avant plan. À noter, et nous le soulignions déjà sur le RX100, les distances minimum de mise au point sont longues : 5 cm au grand-angle mais surtout 43 cm à la focale intermédiaire et 50 cm au télé-objectif. On se console toutefois avec la belle souplesse qu'offre le mariage du grand capteur et de la bonne luminosité de l'objectif en matière de profondeur de champ.

Qualité d'image et hautes sensibilités retour au sommaire

Le RX100 II adopte un capteur très similaire à celui de son prédécesseur. Un CMOS de 1 pouce, mesurant 13,2 x 8,8 mm, et toujours flanqué de 20,9 MPix réels et 20,2 MPix effectifs (soit une densité de pixel d'environ 18 MPix/cm²). Mais cette fois-ci, Sony a penché pour un Exmor R, donc rétro-exposé. Un choix technique qui aurait déjà dû intervenir sur le RX100, soit dit en passant. Voilà qui permet à Sony de pousser sa sensibilité native maximum à 12 800 ISO (contre 6400 ISO). En revanche, le palier minimum grimpe également à 160 ISO en natif et 100 ISO en étendu (contre 125 et 80 ISO). C'est embêtant compte tenu de la vitesse d'obturation assez standard (1/2000 s) et de l'absence de filtre ND : il faudra fermer davantage le diaphragme, et éviter d'utiliser les sensibilités étendues provocant comme bien souvent une perte de dynamique. Les 25 600 ISO par assemblage de vues (« RB Multi-photos » pour réduire le bruit aléatoire) sont toujours au programme, et de manière fort habile, Sony a décidé d'ouvrir ce mode de fonctionnement à toutes les sensibilités.

Le RX100 II fait-il mieux que le RX100 ? L'évolution est discrète… Comme sur le RX100, il faut monter à 800 ISO pour percevoir le premier véritable palier de dégradation d'image, où la granulation commence à marquer les contours. Ça reste toutefois très léger. À 1 600 ISO, le lissage fait son entrée, tandis que la granulation jusqu'ici réservée aux zones sombre s'étend à toute l'image. Les résultats sont encore parfaitement exploitables, et même assez spectaculaires si on prend son cliché en « RB Multi-photos » (donc sur trépied). L'image se crispe à 3 200 ISO, les détails les plus fins commencent à se fondre. Néanmoins, on peut jouer sur le degré de réduction du bruit pour affiner son rendu à son goût, ou là encore photographier en vues multiples. À 6 400 ISO, la colorimétrie perd en saturation, le lissage s'accentue. Mais on peut toujours envisager du post-traitement et des sorties de bonne taille (A4), surtout si on shoote en RAW. La valeur 12 800 ISO devra être limitée à de l'affichage écran en petite taille, 25 600 ISO en dépannage ultime (ou pas du tout).

Le RX100 II reste incontestablement leader dans la famille des compacts à laquelle il appartient. En même temps, le contraire eût été terriblement fâcheux : avec un capteur 4X plus grand que la plupart des compacts du marché et toujours 2X plus grand que les meilleurs d'entre eux (comme le Fujifilm X20 en 2/3''), c'est bien la moindre des choses que de s'assurer la meilleure performance. Ceux qui auront les moyens de débourser 750 € dans le RX100 II ne bouderont pas leur plaisir.

Les modes scène Crépuscule sans trépied et Anti flou de mouvement, réalisant un assemblage de vues prises en rafale, figurent bien sûr au panel de fonctionnalités devenu habituel chez Sony. Ils présentent toutefois moins d'intérêt avec l'introduction paramétrable des ISO en multi-photos comme expliqué précédemment.

Mais encore ?

Le RX100 II reproduit exactement le même comportement que son ainé en termes d'imagerie. Mesure d'exposition fiable, balance des blancs équilibrée et parfaitement ajustable, modes créatifs avec des paramètres de contraste, netteté et saturation dosable sur sept niveaux… À son habitude, Sony compresse davantage ses Jpeg (qualité 94) par rapport à ses concurrents (plutôt aux alentours des 98 en qualité fine) : on obtient des images de 6 Mo en moyenne pour une taille de 5 472 x 3 648 pixels. On ne descelle pas pour autant de dégradation ou d'artéfacts, cependant la dynamique est bien inférieure à ce qu'on récolte avec les plus de 20 Mo par fichier .arw (raw).

La transition est tout faite pour aborder le chapitre de la HDR (High Dynamic Range) et du DRO (Dynamic Range Optimizer). Deux fonctions toujours aussi réussies chez Sony et qui répondent de la façon la plus flexible qui soit à la problématique de la dynamique. Pour rappel, la dynamique c'est la palette de nuances de gris qu'un capteur est capable d'encaisser et de restituer. Plus elle est large, plus l'image est nuancée, avec des détails dans les zones claires comme dans celles foncées. La HDR étend cette dynamique en assemblant plusieurs vues exposées différemment, le DRO applique un traitement numérique. Dans les deux cas, on apprécie la possibilité de doser l'effet (6 EV de HDR, 5 niveaux de DRO). Par ailleurs, la HDR conserve l'image originale et contrairement à ce que produisent d'autres concurrents (comme Nikon), le dédoublement des contours est inexistant, même sur des sujets en mouvements.

source : clubic.com

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