Hubert Vast

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Test du Pentax du Pentax K-50

Sur un marché du reflex amateur 2013 un poil monotone, à part Nikon qui joue la carte des pixels avec son D5200, Canon avec son 700D et désormais Pentax avec son K-50 prennent le parti de la sécurité. Ici, il n'y a pas d'évolution majeure par rapport au K-30, la marque comptant toujours sur un viseur 100% et une construction tropicalisée pour se démarquer. Ces atouts dignes d'un appareil expert mais proposés à un tarif très agressif sont-ils suffisants ?

Prise en mains

Le K-50 s'est arrondi et rentre dans le rang. Plus conventionnel, il abandonne un look qui permettait au K-30 de se démarquer, avec ses saillies et ses angles qui lui conféraient une certaine allure. Le traitement de surface évolue sensiblement : sur la version noire, le gainage est à peine visible et perceptible au toucher. Combiné à un plastique parfaitement lisse (fini les petits picots et aspérités au niveau du pouce), la sensation générale en main déçoit. Le K-50 est aussi policé et sage que son aîné jouait de son exubérance. La poignée très creusée compense un volume conséquent, directement dépendant du logement pile/batterie — au passage, merci à Pentax d'être le seul à proposer cette double compatibilité. Pour les plus petites mains, la molette de pouce est légèrement trop à gauche, tout comme le centre de gravité, ce qui impose un maniement à deux mains. La préhension est mitigée, avec la sensation d'un boîtier qui s'échappe vers l'avant.

Passée la partie esthétique, le K-50 n'évolue pas. Les touches de commandes sont au même nombre, au même endroit et appellent les mêmes fonctions. Sans fioriture, l'essentiel est là : accès direct à la sensibilité, à la balance des blancs, au LiveView et à la zone d'autofocus (via le bouton OK et sous réserve de quitter les modes de zone AF auto). Un clic sur la touche Info permet d'accéder aux paramètres de vue complémentaires (format de fichier, poids, stabilisation, stratégies de mise au point et d'exposition, personnalisation du rendu image, correction de l'objectif, etc.). Le deuxième clic permet de basculer de ce menu rapide à l'horizon virtuel (efficace mais automatiquement désactivé dès que le déclencheur est enfoncé à mi-course).

Comme à l'accoutumée, les possibilités de paramétrage sont foisonnantes, ceux qui auront du temps à y consacrer trouveront forcément leur bonheur. La présentation des menus, quoiqu'un peu vieillotte (ambiance 8 bits et police pixellisée), a le mérite d'être parfaitement lisible et bien hiérarchisé, regorgeant de fonctionnalités savoureuses : sur-impression, intervallomètre, le traceur GPS astronomique, l'ajustement de la fréquence d'affichage de l'écran, la détection de pixels morts, les stratégies de déclenchement/mise au point (lequel est prioritaire par rapport à l'autre) et de nombreuses bonnes surprises qui, une fois de plus, font plutôt penser à un boîtier très orienté utilisateur plutôt expert qu'amateur.

C'est peut-être dans cet état d'esprit que les ingénieurs ont jugé qu'un écran fixe était largement suffisant (comme l'a justifié Nikon pour le D7100). Il n'empêche qu'aujourd'hui, un écran inclinable/orientable est un vrai plus photographique et créatif. Ce qui n'est pas forcément le cas du tactile mais nombreux sont les reflex et COI qui prouvent que, bien pensé et intégré, il améliore considérablement la complicité photographe/appareil.

Pendant la prise de vue pure et dure, le beau viseur 100% régale et rappelle que, oui, quand même, un reflex optique à une époque très numérique, c'est quand même chouette. Et tant pis si le dégagement oculaire aurait gagné en confort avec 5mm de plus, le plaisir est là. Et tant pis, aussi, si l'objectif manque de luminosité, c'est le prix à payer pour une tropicalisation totale. Néanmoins, ces efforts sont gâchés par un autofocus à la motorisation très bruyante, qui rappelle le crissement d'un chariot élévateur, doublé d'une stabilisation aux vibrations nettement perceptibles.

Réactivité

Légèrement plus rapide que le K-30 au démarrage, le K-50 demande quand même plus d'une seconde pour s'élancer. Dans cet exercice, il se montre deux fois plus lent que les concurrents Nikon (0,59 s) et Canon (0,68 s), un écart perceptible même sans chronomètre. La mise au point, lorsque les conditions de lumière sont bonnes, reste dans le peloton de tête (même si elle manque, dans les faits, de régularité). L'attente entre deux photos est excellente, puisqu'il s'agit de la meilleure de la catégorie ! A contrario, c'est la panique à bord dès que la luminosité fait défaut, une demi-seconde est perdue par rapport au prédécesseur. Dans une moindre mesure, la rafale régresse légèrement à 5 images par seconde en JPG (mais en quantité quasi illimitée). En RAW, ce sont presque 4 images par seconde, mais seulement sur huit vues.

Puisque sur cette catégorie d'appareil le Liveview est emmené à être de plus en plus utilisé, il est intéressant de s'y attarder. Le K-50 ne pouvant directement démarrer en mode LiveView (mais aucun reflex ne le peut), cette ligne est logiquement vide. Le reste des chronos est cohérent. La mise au point se fait aussi rapidement au grand angle qu'à fond de zoom. Quand la lumière diminue, l'attente est multipliée par quatre. Quant à l'enchaînement entre deux photos consécutives, que ce soit en JPG ou en RAW, ça se passe de commentaire. En revanche, il faut souligner que la rafale en LiveView est strictement identique à celle en visée reflex.

L'ensemble des mesures permet de mettre en évidence la mauvaise adéquation entre l'obturation, le groupe dédié à l'autofocus et la motorisation de l'objectif. Le premier passe, avec une régularité exemplaire, attend le deuxième, qui tente de se dépatouiller avec le troisième. De cette mauvaise orchestration résulte une irrégularité et une inconstance qui, à ce niveau de gamme en 2013, face à une concurrence toujours pressée, dénote tristement.

Qualité des images

Le CMOS 16 millions de pixels de Sony est un peu la Tour Eiffel des capteurs. À force de le voir recyclé à toutes les sauces, analysé en long, en large et en travers, on s'en lasserait presque. C'est dommage parce que, malgré son "grand" âge, il reste très bon et le prouve une fois de plus. Imperturbable jusqu'à 1600 ISO, il suit le schéma habituel au-delà : granulation à 3200 ISO, 6400 ISO en perte de contraste et de saturation (mais utilisable malgré tout pour du 10 x 15 cm), hors-piste au-delà de 12800 ISO et, argument marketing à 25600 ISO. Cette année les 51200 ISO sont de la partie, histoire de se proposer une sensibilité un cran au-dessus de la masse, mais à quoi bon ?

Utiliser un capteur bien connu permet de bien roder ses algorithmes. Inconvénient : puisque tout le monde fait pareil, sur la même base, il est d'autant plus facile de mettre en évidence les différences optiques. Or, ici, le Pentax DA 18-55mm f/3,5-5,6 AL WR utilisé pour les mesures est loin derrière les meilleurs. Quelle que soit la focale à laquelle il est utilisé, le piqué ne décolle pas d'un iota. Ni au centre, ni sur les bords. Pour ne pas arranger les choses, l'homogénéité sur l'ensemble de l'image est toute relative et il n'y a pas besoin d'aller dans les coins extrêmes pour trouver du flou.

source : lesnumeriques.com

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